Reprise d'un texte publié dans "Couleur et poésie au fil de la vie" pour la consigne de la semaine des
impromptus littéraires, il s'agit de parler d'une bête quelqu'elle soit.....
« Seize »
J’étais un petit garçon curieux et plutôt passionné. Comme beaucoup de petit garçon, j’aimais surtout les vacances. Cette année-là, fier de mes six ans, je rentrais sans enthousiasme excessif à l’école primaire.
Lire, compter, lire, compter, il fallait s’entraîner, moi je préférais les autres matières, l’histoire, la géographie, les sciences à condition que, comme chaque année, nous ne commencions pas par la feuille d’automne………..
Cahin-caha, je ne m’en sortais pas trop mal, mais voilà qu’il m’est arrivé quelque chose de bizarre. Avec tous les enfants de ma classe, je comptais régulièrement tout haut, la maîtresse nous guidait en pointant les chiffres sur le tableau :
1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 – 7 – 8 – 9 – 10 – 11 – 12 – 13 – 14 – 15 - ?
Et là un blanc, le chiffre suivant ne voulait pas sortir, je le connaissais, il chatouillait ma langue, mais non rien à faire, je ne savais plus. Pourtant dès que tout la classe avait dit : 16
Je repartais sans problème avec elle : 17 – 18 – 19 – 20……………..
Le soir en récitant ma leçon à maman, c’était pareil, tout allait très bien jusqu’à 15, puis plus rien, un trou, un mystère, une énigme……. Que faire, il y avait de quoi s’impatienter, s’énerver, s’inquiéter peut-être ! ! ! Bloqué, j’étais bloqué, fermé, verrouillé, mon cerveau ne voulait rien savoir. Pourquoi là ? Pourquoi celui-là ? Et oui pourquoi ? Avant et après tout allait bien….. Alors POURQUOI ?
La solution à mon problème est arrivée par surprise un jour de fête foraine. Maman nous avait amenés, mes frères et moi, faire quelques tours de manèges. Quand soudain passant devant une pèche à la ligne, j’ai demandé à jouer et oh chance, j’ai gagné deux poissons rouges. Et oui des vrais poissons ! Après avoir acheté un bocal, nous sommes rentrés à la maison et je me suis précipité dans ma chambre pour y installer mes nouveaux compagnons.
Maman m’a demandé « Comment vas-tu les appeler tes poissons ? » Pour le premier, j’ai crié « cadeau », et oui, j’ai dit ça comme ça sans réfléchir, mais le deuxième je n’avais pas d’idée, vraiment pas d’idée, alors maman a dit « et si tu l’appelais « seize ! » « Bof, pourquoi pas ? « seize », si tu veux ».
Le lendemain, j’ai raconté mon après-midi à la fête foraine devant toute la classe. À partir de ce jour quand la maîtresse nous faisait compter, elle disait 12 – 13 - 14 – 15 – le poisson rouge de Théo (c’est mon prénom) – 17 – 18 –19……….
Et bien voilà, le tour était joué, je savais compter et je n’ai plus jamais oublié, plus jamais……. Le soir à la maison, je comptais à côté du bocal arrivé à 15, je faisais un clin d’œil à « 16 », et je continuais gaiement sans me tromper.
L’année scolaire s’est terminée, « cadeau » et « seize » tournaient en rond dans leur bocal quand l’heure des vacances à sonner. Nous partions au bord de la mer, je ne voulais pas les abandonner. Une voisine gentille a proposé de les garder. Quand je suis revenu, je ne les ai pas retrouvés, s’étaient-ils noyés ? Le chat, les avait-il mangé ? Le bocal s’était-il cassé ?….…. Mais moi je savais toujours compter, et aujourd’hui encore, je ne les ai pas oubliés………………
ABC
J’étais un petit garçon curieux et plutôt passionné. Comme beaucoup de petit garçon, j’aimais surtout les vacances. Cette année-là, fier de mes six ans, je rentrais sans enthousiasme excessif à l’école primaire.
Lire, compter, lire, compter, il fallait s’entraîner, moi je préférais les autres matières, l’histoire, la géographie, les sciences à condition que, comme chaque année, nous ne commencions pas par la feuille d’automne………..
Cahin-caha, je ne m’en sortais pas trop mal, mais voilà qu’il m’est arrivé quelque chose de bizarre. Avec tous les enfants de ma classe, je comptais régulièrement tout haut, la maîtresse nous guidait en pointant les chiffres sur le tableau :
1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 – 7 – 8 – 9 – 10 – 11 – 12 – 13 – 14 – 15 - ?
Et là un blanc, le chiffre suivant ne voulait pas sortir, je le connaissais, il chatouillait ma langue, mais non rien à faire, je ne savais plus. Pourtant dès que tout la classe avait dit : 16
Je repartais sans problème avec elle : 17 – 18 – 19 – 20……………..
Le soir en récitant ma leçon à maman, c’était pareil, tout allait très bien jusqu’à 15, puis plus rien, un trou, un mystère, une énigme……. Que faire, il y avait de quoi s’impatienter, s’énerver, s’inquiéter peut-être ! ! ! Bloqué, j’étais bloqué, fermé, verrouillé, mon cerveau ne voulait rien savoir. Pourquoi là ? Pourquoi celui-là ? Et oui pourquoi ? Avant et après tout allait bien….. Alors POURQUOI ?
La solution à mon problème est arrivée par surprise un jour de fête foraine. Maman nous avait amenés, mes frères et moi, faire quelques tours de manèges. Quand soudain passant devant une pèche à la ligne, j’ai demandé à jouer et oh chance, j’ai gagné deux poissons rouges. Et oui des vrais poissons ! Après avoir acheté un bocal, nous sommes rentrés à la maison et je me suis précipité dans ma chambre pour y installer mes nouveaux compagnons.
Maman m’a demandé « Comment vas-tu les appeler tes poissons ? » Pour le premier, j’ai crié « cadeau », et oui, j’ai dit ça comme ça sans réfléchir, mais le deuxième je n’avais pas d’idée, vraiment pas d’idée, alors maman a dit « et si tu l’appelais « seize ! » « Bof, pourquoi pas ? « seize », si tu veux ».
Le lendemain, j’ai raconté mon après-midi à la fête foraine devant toute la classe. À partir de ce jour quand la maîtresse nous faisait compter, elle disait 12 – 13 - 14 – 15 – le poisson rouge de Théo (c’est mon prénom) – 17 – 18 –19……….
Et bien voilà, le tour était joué, je savais compter et je n’ai plus jamais oublié, plus jamais……. Le soir à la maison, je comptais à côté du bocal arrivé à 15, je faisais un clin d’œil à « 16 », et je continuais gaiement sans me tromper.
L’année scolaire s’est terminée, « cadeau » et « seize » tournaient en rond dans leur bocal quand l’heure des vacances à sonner. Nous partions au bord de la mer, je ne voulais pas les abandonner. Une voisine gentille a proposé de les garder. Quand je suis revenu, je ne les ai pas retrouvés, s’étaient-ils noyés ? Le chat, les avait-il mangé ? Le bocal s’était-il cassé ?….…. Mais moi je savais toujours compter, et aujourd’hui encore, je ne les ai pas oubliés………………
ABC

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